jump to navigation

Partager ? Il n’en est pas question ! février 17, 2010

Posted by projetmiste in Article.
Tags: ,
trackback

Tous les spécialistes, enseignants, praticiens et autres évangélistes vous le diront : le partage de l’information doit être au cœur de la stratégie d’intelligence économique d’une entreprise ou de toute organisation.

Une telle unanimité est d’autant plus déstabilisante que les entreprises, depuis longtemps, apprennent l’inverse, à savoir qu’il faut protéger ses informations face aux visées de la concurrence. Et même lorsque des entreprises s’allient pour traiter une affaire ou un marché, cela ne signifie pas partage, et encore moins transfert de technologies ou de savoir-faire.

Le savoir est une source de pouvoir

De même, à l’intérieur de l’entreprise, quel que soit le niveau hiérarchique où se situe un salarié, l’information exclusive et le savoir-faire différentiel qu’il détient constituent sa marge de liberté d’action au sein de l’organisation. Ce savoir est une source de pouvoir qui lui permet de négocier toutes sortes d’avantages. C’est notamment le moyen d’accéder plus rapidement aux strates supérieures de la hiérarchie. Car celle-ci est ainsi construite : plus on grimpe ses marches, plus on a de savoir, et donc de pouvoir.

Alors, collaborer avec ses collègues ? Partager avec eux ses secrets et ses tours de main ? Pour ensuite se retrouver sans pouvoir d’influer sur son avenir ? Et se résoudre à rester toujours au même niveau, l’éternel pion qui fait tourner les rouages de la machine pendant que d’autres qui ne sont pas forcément plus méritants en profitent et se gavent ? Il n’en est pas question !

Passer de l’individualisme à l’intelligence collective

Ces freins très répandus au sein des organisations sont d’autant plus forts que la culture d’entreprise héritée de l’âge industriel a érigé un système de production bâti sur des silos opérationnels relativement étanches, à un point tel que des salariés ou des services d’une même entreprise peuvent se livrer une bataille sans merci pour préserver leurs prérogatives, leur poids dans l’organisation et donc leur marge de liberté d’action.

Il n’est pas rare non plus d’observer le jeu trouble à l’œuvre entre des entreprises associées pour traiter ensemble une affaire, qui s’épient l’une l’autre pour profiter de la moindre opportunité de gagner les faveurs de leur client commun.  En chemin se sont perdus quelques peaux de bananes et crocs-en-jambe. Qu’importent les railleries des moralistes donneurs de leçons, l’essentiel est de tirer son épingle de ce jeu de dupes.

Au vu de ce tableau, on se demande bien comment va-t-on construire cette entreprise collaborative que chacun appelle de ses vœux ? Suffit-il de magnifier de manière répétitive, à la façon Coué, les vertus du partage pour qu’il se mette à l’œuvre ? Et pire, pour certains, sans appliquer à soi-même ce que l’on prêche pour les autres. Les désillusions risquent alors d’être à la hauteur de la grave erreur d’appréciation sur l’ampleur des défis auxquels doivent faire face les organisations.

Les entreprises doivent s’atteler sans tarder à une véritable révolution mentale pour passer d’une culture de l’individualisme à celle de l’intelligence collective. A elles  de valoriser l’échange et le partage comme moyens incontournables d’accéder à un pouvoir d’influence mis au service de la stratégie globale.

Publicités

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :